- Ce que prévoit la loi « Retour au travail » du 19 décembre 2025
- Les entreprises concernées et les dérogations possibles
- Les cas d'application de la dispense
- Le contexte : la politique de lutte contre l'absentéisme
- Les obligations de l'employeur en matière de suivi des absences
- Comment adapter la gestion RH à cette évolution
- FAQ: Questions fréquentes sur les abscences sans certificat médical
S'absenter sans certificat médical : deux jours par an au lieu de trois dès 2026
Dès 2026, s’absenter sans certificat médical sera possible deux jours par an au lieu de trois. Dans cet article, Protime analyse les nouvelles règles applicables, les obligations maintenues pour les travailleurs, les dérogations possibles pour certaines entreprises et les impacts concrets sur la gestion RH.
Sommaire
À partir du 1er janvier 2026, les règles encadrant les absences au travail sans certificat médical évoluent en Belgique. La dispense de certificat médical, introduite initialement pour simplifier la gestion des absences de courte durée, est modifiée dans le cadre de la loi dite « Retour au travail ». Cette réforme a un impact direct sur les employeurs et les équipes RH, tant en matière de conformité légale que de gestion opérationnelle des absences.
Le nombre de jours durant lesquels un travailleur peut s’absenter sans certificat médical sera réduit. Cette évolution modifie également les pratiques internes, les règlements de travail et les outils de suivi des absences. Pour les entreprises, il est essentiel de comprendre précisément le nouveau cadre légal, d’anticiper les adaptations nécessaires et de s’assurer que les processus RH restent conformes.
La loi du 19 décembre 2025, dans le cadre de la politique de lutte contre l’absentéisme issue de la loi-programme 2025, modifie plusieurs dispositions relatives aux absences de courte durée. L’une des mesures les plus importantes concerne la réduction de la dispense de certificat médical.
La réduction de la dispense de certificat médical
À partir du 1er janvier 2026, les règles suivantes s’appliquent :
- passage de 3 à 2 jours d’absence sans certificat médical par année civile ;
- la dispense s’applique uniquement au premier jour d’une incapacité de travail ;
- les deux jours ne peuvent pas être consécutifs ;
- entrée en vigueur des nouvelles règles au 1er janvier 2026.
Cela signifie que les travailleurs pourront s’absenter sans certificat médical deux fois par année civile, pour un seul jour à chaque fois. Cette modification vise à responsabiliser davantage les parties tout en maintenant un équilibre entre flexibilité et contrôle.
Pour les employeurs, il est essentiel de répondre à la question : combien de jours d'absence sans certificat médical sont autorisés ? La réponse est claire : deux jours par année civile, sous conditions strictes.
Les obligations maintenues pour le travailleur
Même lorsqu’un travailleur peut s’absenter sans certificat médical, certaines obligations demeurent :
- avertir immédiatement l’employeur de son absence (même sans certificat) ;
- communiquer l’adresse de séjour si elle est différente du domicile habituel ;
- se soumettre au contrôle du médecin si demandé.
Le non-respect de ces obligations peut avoir des conséquences financières. En particulier, l'absence d'avertissement conforme peut entraîner la perte du salaire garanti et impacter directement le traitement de la paie. Le droit au contrôle médical reste également pleinement applicable.
La réforme prévoit une application différenciée selon la taille de l’entreprise.
Le seuil de 50 travailleurs
La règle des deux jours s’applique automatiquement aux entreprises occupant 50 travailleurs ou plus. Voici les points essentiels à retenir :
- l’effectif est calculé au 1er janvier de l’année en cours ;
- la règle s’applique même si le règlement de travail mentionne encore trois jours ;
- aucune démarche supplémentaire n’est nécessaire pour l’entrée en vigueur.
Cela signifie que les entreprises concernées doivent vérifier la conformité de leurs documents internes dès maintenant afin d’éviter toute incohérence.
La possibilité de dérogation pour les PME
Les entreprises de moins de 50 travailleurs peuvent prévoir une dérogation. Pour cela, une convention collective d’entreprise (CCT) doit être conclue, ou le règlement de travail doit être modifié. La dérogation doit être explicite. Une mention générale ne suffit pas juridiquement. Les PME peuvent donc, si elles le souhaitent, maintenir l’exigence d’un certificat médical dès le premier jour d’absence.
La dispense de certificat médical s’applique dans des situations précises.
Absence d'un seul jour
Lorsqu’un travailleur est malade pendant une seule journée :
- aucun certificat n’est requis (maximum deux fois par année civile) ;
- le salaire garanti reste dû si l’avertissement est immédiat et conforme ;
- un contrôle médical peut être demandé à l’initiative de l’employeur.
Il est important de bien distinguer ces absences des absences plus longues, afin d’assurer un suivi correct.
Premier jour d'une absence plus longue
La dispense s’applique également au premier jour d’une incapacité prolongée. Dans ce cas :
- le certificat médical est obligatoire pour les jours suivants ;
- le délai de remise dépend du règlement de travail ou d’une CCT ;
- à défaut, le délai légal est de deux jours ouvrables ;
- le délai commence à courir à partir du premier jour couvert par le certificat.
Une bonne gestion administrative est essentielle pour éviter tout litige concernant la remise des justificatifs.
Cette réforme s’inscrit dans une stratégie plus large visant à encadrer l’absentéisme de courte durée.
L'historique de la mesure
La possibilité de s’absenter sans certificat médical a été introduite en novembre 2022, avec l’instauration de la règle des trois jours par année civile. Cette mesure visait à simplifier la gestion administrative des absences de courte durée tout en allégeant la charge liée aux certificats médicaux.
En 2025, dans le cadre de l’accord gouvernemental et de la loi « Retour au travail », le dispositif a été réévalué. L’objectif affiché est de renforcer la responsabilisation des travailleurs et des employeurs, tout en améliorant le suivi des absences au sein des organisations.
La réduction à deux jours à partir de 2026 s’inscrit ainsi dans une logique de régulation progressive, destinée à trouver un équilibre entre flexibilité opérationnelle et encadrement plus strict des absences de courte durée.
Les autres mesures entrées en vigueur au 1er janvier 2026
En parallèle de la réduction du nombre de jours, plusieurs autres changements sont prévus dans le cadre de la nouvelle vague de mesures concernant les malades de longue durée :
- allongement du délai de rechute de 14 jours à 8 semaines ;
- possibilité de procédure de force majeure médicale après 6 mois ;
- obligation d’intégrer une politique de contact dans le règlement de travail ;
- introduction d’une cotisation de solidarité pour les entreprises de plus de 50 travailleurs.
Ces mesures renforcent l’importance d’un suivi structuré des absences.
Les entreprises doivent adapter leurs pratiques internes.
Mettre à jour le règlement de travail
Il est recommandé de :
- vérifier la cohérence avec la nouvelle règle des deux jours ;
- intégrer une procédure claire de maintien du contact ;
- désigner un interlocuteur responsable ;
- définir la fréquence des contacts ;
- informer les travailleurs des modifications.
La transparence est essentielle pour garantir une application uniforme.
Recourir au médecin-contrôleur
Le droit de contrôle médical reste pleinement applicable, même en cas d’absence sans certificat. Le travailleur doit :
- se présenter au contrôle ou accepter la visite à domicile ;
- respecter la période de disponibilité si elle est prévue (maximum 4 heures consécutives) ;
- coopérer avec le médecin-contrôleur.
Le refus de contrôle peut entraîner la perte du salaire garanti.
L’évolution du cadre légal nécessite une adaptation des outils RH.
Suivre précisément les jours d'absence sans certificat
Les entreprises doivent comptabiliser les deux dispenses par travailleur et par année civile, distinguer les absences d'un jour des premiers jours d'une absence prolongée grâce à des pointeuses et badgeuses connectées, et mettre en place des alertes automatiques en cas de dépassement. Un suivi rigoureux permet d’éviter les erreurs de paie et les risques juridiques.
S'appuyer sur un logiciel de gestion des temps adapté
Un logiciel RH performant facilite :
- l’enregistrement des absences par motif et justificatif ;
- le paramétrage des règles belges (seuil de 50 travailleurs, quota de deux jours) ;
- l’historique complet des absences ;
- le suivi du respect des obligations d’avertissement ;
- la production de rapports fiables.
Une solution adaptée permet de sécuriser la conformité tout en simplifiant le travail des équipes RH. Dans ce contexte, la plateforme d'enregistrement du temps de Protime aide les entreprises à automatiser la gestion des absences et à intégrer les nouvelles règles légales dans leurs processus.
En conclusion, la réforme entrée en vigueur en 2026 modifie de manière significative les règles permettant de s’absenter sans certificat médical en Belgique. La réduction à deux jours par an impose aux employeurs une vigilance accrue, tant dans la mise à jour de leurs documents internes que dans le suivi opérationnel des absences.
Pour les équipes RH, il devient essentiel de disposer d’un système fiable permettant de répondre à la question : combien de jours d'absence sans certificat médical ont été utilisés et dans quelles conditions. Une gestion structurée, conforme et automatisée contribue à limiter les risques, à garantir l’équité et à maintenir un climat de confiance au sein de l’entreprise.
L’anticipation est la clé. La mise à jour du règlement de travail, l’adaptation des procédures internes et l’utilisation d’un outil RH performant permettront de transformer cette obligation légale en opportunité d’optimisation des processus !
Combien de jours d'absence sans certificat médical sont autorisés à partir de 2026 ?
À partir du 1er janvier 2026, les travailleurs peuvent s’absenter sans certificat médical deux jours par année civile. Chaque jour doit être distinct et ne peut pas être consécutif.
Une entreprise peut-elle maintenir la règle des trois jours ?
Oui, mais uniquement si elle emploie moins de 50 travailleurs et si une dérogation formelle est prévue via une CCT d’entreprise ou une modification du règlement de travail. La dérogation doit être explicite.
Le contrôle médical reste-t-il possible en cas d’absence sans certificat ?
Oui, le droit de contrôle est maintenu. L’employeur peut faire appel à un médecin-contrôleur, et le travailleur doit se soumettre au contrôle selon les règles en vigueur. Le refus peut entraîner la perte du salaire garanti.